Rues dont le nom commence par "L"

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L'avenue de La Bourdonnais

Grand marin et administrateur de talent, Bertrand-François de la Bourdonnais naît à Saint-Malo en 1699.Mahé de La Bourdonnais Il navigue très jeune et en 1718, il s’engage dans la Compagnie des Indes Orientales comme Lieutenant. En 1724, il se couvre de gloire à la prise de la ville de Mahé ce qui lui vaut le rare privilège d’adjoindre à son nom, celui de la ville lieu de ses exploits. Son patronyme sera désormais Mahé de la Bourdonnais. En 1734, le jeune la Bourdonnais qui a déjà passé une quinzaine d’années au service de la compagnie à bourlinguer dans l’océan indien, est nommé gouverneur des Mascareignes.
Homme énergique et décidé, esprit curieux et novateur, et remarquable marin, il déploie dans ces fonctions toutes ses qualités d’organisateur. Lorsqu’il rentre en France en 1740, il a fait de l’Ile de France (l’actuelle Ile Maurice) un point d’appui solide, une base navale bien équipée et un entrepôt de commerce florissant.
Dés 1740, La Bourdonnais qui s’attendait à un affrontement avec les anglais dans la région, avait proposé au ministre Maurepas un plan d’opérations contre le commerce britannique dans l’Océan Indien et dans les zones de La Sonde et de Malaca. Mais ni le ministre ni la Compagnie n’avaient osé se lancer dans une telle expédition. Lorsqu’ éclate le conflit, les Compagnies des Indes française et anglaise tentent tout d’abord d’observer une certaine neutralité. Mais la prise de navires de commerce français par la marine anglaise déclenche les hostilités.
En avril 1741, La Bourdonnais appareille de Lorient avec 5 vaisseaux pour les Indes orientales ; mais au terme d’une traversée de 4 mois et après avoir, au prix d’un entrainement intensif, fait de cette petite escadre une force efficace, il reçoit l’ordre de la renvoyer en France. Et lorsqu’en 1745, Dupleix demande son aide contre une force anglaise menaçant Pondichéry, La Bourdonnais doit improviser une nouvelle escadre. Dans cette petite flotte, seul "l’Achille", vaisseau de 74 canons, peut être considéré comme un véritable vaisseau de guerre. La Bourdonnais affronte pourtant résolument l’escadre anglaise de Lord Peyton à Negatapam. Le combat demeure indécis mais les anglais sont néanmoins obligés de se retirer et de rallier Ceylan. L’escadre de La Bourdonnais va ensuite participer à la prise de Madras. Ce succès provoque un conflit entre Dupleix et La Bourdonnais, ce dernier voulant rendre Madras aux anglais contre rançon selon les directives de la Compagnie et Dupleix s’y opposant. La Bourdonnais rentre à l’Ile de France où il reçoit l’ordre de rentrer en France pour se justifier d’une accusation de spéculation et de vénalité.
Dés son arrivée, il est incarcéré à la Bastille. Son jugement, qui n’a lieu que 3 ans plus tard, lui rend justice : il est acquitté et blanchi mais pour toute récompense de ses éminents services, ce grand marin et ce grand serviteur de la France meurt pauvre et couvert de dettes le 10 novembre 1753 à Paris.

L'impasse Le Verrier

Le VerrierLe Verrier eût certes mérité que la ville de Toulon donnât son nom à l’une de ses plus grandes artères plutôt qu’à une impasse, aussi charmante soit-elle. Nul n’ignore en effet qu’Urbain Jean Joseph Le Verrier fût l’un des plus grands sinon le plus grand des astronomes français. Ce qu’en revanche, le grand public ne sait pas toujours c’est que ce grand savant dût en particulier sa célébrité à la découverte qu’il fit de la planète Neptune, en 1846, par le simple calcul mathématique en partant de l’observation d’anomalies de l’orbite d’Uranus. Cette découverte lui vaudra un véritable triomphe international. Il sera nommé professeur d’astronomie à la Faculté des sciences de Paris et plus tard, en 1853, directeur de l’observatoire. Pour la petite histoire, il se montrera tellement odieux avec ses subordonnés que 14 astronomes démissionneront collectivement … Le Verrier finira par être relevé de ses fonctions et ne retrouvera son poste que deux ans plus tard. Mis à part ses démêlés avec le personnel de l’observatoire, ses réalisations seront nombreuses et importantes. Il se consacre essentiellement à l’étude du système solaire : il organise également un réseau de stations météorologiques modernes avec centralisation et diffusion de l’information qui sera l’ancêtre de notre Météorologie Nationale. Parallèlement à sa carrière Le Verrier aura une vie politique active : conseiller général, député puis sénateur, il sera également inspecteur de l’enseignement scientifique. Les plus hautes distinctions françaises et étrangères lui seront décernées en reconnaissance de ses travaux en matière d’astronomie et de mathématiques et son œuvre immense sur le mouvement des planètes lui assureront une renommée universelle. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel et plus tard, il sera donné à un astéroïde.