Rues dont le nom commence par "C"

C

La rue Cugnot

Nicolas, Joseph Cugnot naît à Void, en Lorraine, le 26 février 1725. Après des études d’ingénieur militaire, il sert dans l’armée autrichienne. Ayant abandonné la carrière militaire, il s’établit à Paris en 1763. En 1766 et 1769, il publie deux ouvrages de génie militaire: "Eléments de l’art militaire ancien et moderne" et " La fortification de campagne théorique et pratique" qui lui valent une certaine notoriété dans le milieu militaire. Parallèlement à ses travaux littéraires, il étudie et conçoit une voiture propulsée à la vapeur destinée au transport des canons. Ce projet éveille l’intérêt du duc de Choiseul, ministre de la guerre de Louis XV, mais malgré des essais relativement concluants qui se déroulent en 1770, l’engin n’aura pas un grand succès. Toutefois, un peu plus tard, l’ingénieur militaire Gribeauval commande à Cugnot un second véhicule capable de porter 4 tonnes. Le fardier de CugnotL’inventeur se met au travail et réalise un prototype. Hélas, aux essais le "Fardier" finit dans un mur: premier accident automobile de l'histoire ! C’est dommage, car le système était astucieux avec admission de la vapeur par soupapes et entrainement par roue à cliquets. Malgré l’échec, Cugnot continue à travailler et en 1778, il publie un nouvel essai militaire, " Théorie de la Fortification". Lorsqu’ éclate la Révolution, il se réfugie en Belgique et ne reviendra à Paris qu’en 1800. Il y mourra le 7 octobre 1804 dans l’oubli.
Le fardier, première application de la vapeur au mouvement automoteur, fut le premier véhicule automobile. Il faut noter que 20 ans plus tard, des ingénieurs anglais mettront au point la première locomotive à vapeur avec le succès que l’on sait. Le prototype du" Fardier" de Cugnot peut être admiré au musée des Arts et Métiers.

L'impasse Cuvier

Une modeste impasse du quartier porte le nom d’un grand savant français. Jean, Léopold, Frédéric Cuvier naît le 23 août 1769. Dès sa jeunesse, ayant découvert l’œuvre de Buffon, il se passionne pour l’histoire naturelle. Pendant la révolution, il est précepteur en Normandie et il consacre ses loisirs à l’étude et à la comparaison des espèces vivantes et à la recherche et à l’observation des fossiles. Ses recherches et ses travaux le font connaître et en 1795, il est appelé à Paris et nommé professeur à l’école Centrale. En 1796, il est membre de l’Institut et titulaire de chaire au Museum. Portrait de CuvierQuelques années plus tard, il succède à Daubenton comme titulaire de la chaire d’histoire naturelle au collège de France. Travailleur acharné, auteur de très nombreuses publications, il tente de reconstituer les espèces disparues. On lui doit en particulier une classification moderne des espèces animales. Il réalise ainsi pour les animaux ce que Jussieu avait fait pour les plantes. En 1812, il établit la loi de "corrélation des formes" qui permet de reconstituer le squelette d’un animal à partir de fragments d’os. Sa renommée dépasse largement les frontières et, il est membres de nombreuses sociétés savantes du monde entier.
Cuvier est à juste titre considéré comme le père de la Paléontologie et de l’anatomie comparée et comme l’un des plus grands savants de son temps. Ce grand naturaliste n’ira toutefois pas jusqu’à l’évolutionnisme. Curieusement, il s’opposera même vigoureusement aux tenants de cette théorie. Les plus hautes distinctions lui seront décernées tout au long de sa brillante carrière. Grand officier de la Légion d’Honneur, il sera conseiller d’Etat sous la Restauration et Louis Philippe le fera baron et pair de France. Il sera également membre de l’académie des sciences et de l’académie française. Il meurt le 13 mai 1832. Il est inhumé au cimetière du père Lachaise.